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Témoignage de Philippe PEPIN, au nom du SAFIP-CGT
Je suis en charge d’une lourde mission. Celle de retracer le parcours syndical et professionnel d’un homme qui aura marqué d’une empreinte indélébile notre administration dans un contexte historique quelque peu mouvementé.
En 1981, le camarade Henri GUSTAVE a succédé au camarade Bourgeois en qualité de secrétaire de la section SNADGI CGT Guadeloupe.
Auparavant, il avait assuré la fonction de Trésorier accompagné de Marcel SILO en qualité de Trésorier adjoint au sein de cette section syndicale.
Je ne vais pas énumérer toutes les actions que le camarade Henri a réalisées durant la décennie de sa mandature à la tête de notre section SNADGI CGT Guadeloupe.
Je vais simplement citer, à mes yeux, les séquences plus marquantes :
Il a été l’acteur principal de changements structurants et rassembleurs du syndicalisme en GUADELOUPE.
Ainsi, il a négocié avec maestria la double affiliation de la section SNADGI CGT avec la CGTG dirigé par Claude MORVAN, d’une part, et le syndicat national SNADGI CGT France, d’autre part.
Cela au prix de négociations ardues avec les directions CGTG et SNADGI CGT France.
Et il a fallu à Henri toute sa force de persuasion pour convaincre une majorité des adhérents de notre section syndicale de l’impérieuse nécessité de sortir du simple corporatisme pour s’orienter vers l’intégration dans un syndicalisme partie prenante du monde du travail Guadeloupéen.
Dans le même esprit, Henri GUSTAVE a été le fondateur de la structure "CGT INTER FINANCES ".
Cette structure crée et pilotée par Henri dans les années 1985, était composée des Secrétaires départementaux des sections CGT des Impôts, du Trésor, de la Douane et de la Répression des fraudes.
Le but de cette création sans précédent était de pouvoir interpeller le Préfet sur des sujets locaux relativement importants, sans obligation d’en référer à nos syndicats nationaux respectifs.
Cette vision visant à rassembler les intérêts dans un collectif fût une avancée majeure dans l’évolution de nos relations, aussi bien avec nos responsables nationaux qu’avec le représentant de l’État en Guadeloupe.
Qui plus est, afin de préparer la relève et donner une impulsion déterminante au militantisme, Henri GUSTAVE a entrepris d’organiser pour la 1ère fois une formation syndicale Antilles de 2 semaines.
Cette 1ère action commune de formation, réunissant Guadeloupe et Martinique, s’est perpétuée jusqu’à nos jours.
En matière d’action revendicative, l’un des événements majeurs de la décennie 80/90 a été la séquestration du DSF de la Guadeloupe toute une journée, ou pour ceux qui préfèrent, l’occupation de son bureau par un personnel excédé, afin de réclamer un après-midi supplémentaire de libre, en l’occurrence, et sauf erreur de ma part, le vendredi après-midi....
Dans un mouvement de longue haleine, le personnel, dans sa très large majorité, observait chaque semaine, et cela depuis des mois et des mois, une grève chaque vendredi après-midi.
Vous comprendrez aisément qu’il a fallu des dirigeants syndicaux à la fois déterminés et responsables, dont Henri en premier lieu, pour conduire à bien une telle action.
Je ne serai pas plus long sur l’action syndicale menée de mains de maître par Henri, il faudrait pour cela plusieurs heures....
Au niveau professionnel, Henri GUSTAVE était la pièce maîtresse du cadastre. On peut l’affirmer sans fard.
Il était le premier arrivé au bureau.
Travailleur infatigable.
Toujours prévenant et disponible pour ses collègues.
Pour lui, ce qui était important, c’était la nécessité de comprendre l’objectif à atteindre dans les tâches à accomplir ; c’était là l’impératif majeur dans l’exercice de son activité professionnelle.
Le travail devait avoir du sens.
Henri était d’une curiosité professionnelle qui lui permettait par ses recherches continuelles et approfondies de résoudre les problèmes cadastraux les plus ardus.
Il en était de même au niveau syndical chaque problématique syndicale avait sa solution, soit par la négociation, soit par l’action.
Ce trait de caractère faisait d’Henri le référent du service du Cadastre.
Et l’ensemble de ses qualités a été reconnu puisqu’il a été promu au grade supérieur.
Nombreux ceux qui voyaient en Henri un secrétaire à vie de la section SNADGI CGT mais vint le moment où il a éprouvé le besoin de souffler et de passer la main en quittant la direction du SNADGI Guadeloupe.
Ses successeurs ont trouvé une situation syndicale bien ordonnée, bien organisée et dotée d’une confortable situation financière.
Un mot ne résume pas la vie d’un homme : alors, s’il fallait qualifier Henri GUSTAVE, je convoquerai : Intelligence, Droiture, Stature et Humanité.
Henri était un homme du collectif, de l’intérêt général, un visionnaire ardent défenseur du travail de qualité.
Alors aujourd’hui, un "grand monsieur" nous quitte, Henri passe la main définitivement....
Comme on aimerait lancer : "debout camarade ! Le combat n’est pas terminé !"
Mais rassure toi Henri, part et repose en paix, la relève assure à son tour !
RIP camarade syndiqué !
Article publié le 17 juin 2025.